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Publié : 19 juin 2013
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Bac S - ES : corrigé des questions de l’EAF session 2013

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Découvrez les textes du corpus, la question et les trois sujets d’écriture

Quelles sont les caractéristiques des figures maternelles dans les textes du corpus ?

Les textes du corpus proposent trois portraits de femmes – deux mères et une grand-mère – qui ont pour point commun de susciter l’admiration.

Premièrement, chacune de ces femmes est au centre de la vie familiale, dont elle se révèle l’organisatrice. Chez Colette, la mère déploie une activité phénoménale et tourbillonnante, rendue par le recours systématique au procédé d’accumulation. « D’un geste, d’un regard elle reprenait tout » : cette reprise en main systématique de la maisonnée ne s’applique pas qu’aux humains, mais régente aussi les animaux, les plantes et les choses. Chez Steinbeck ensuite, les regards sont tournés vers la mère et tous guettent l’expression de ses sentiments. Chez Giono enfin, la grand-mère est elle aussi l’organisatrice, le « tambour-major ».

Deuxièmement, dans deux de ces textes, la femme est également nourricière. On évoquera chez Colette le « chocolat » et les « denrées exotiques », chez Giono les « goûters » et les « en-cas champêtres », pour se limiter aux nourritures. Le physique de Mme Tim n’est d’ailleurs que générosité : sa robe présente « des fonds énormes » et elle a « du corsage ». En revanche, l’austérité et la pauvreté de de la mère dans Les Raisins de la Colère dispensent l’auteur d’évoquer une impensable débauche de générosité.

Troisièmement, la mère chez Steinbeck est avant tout protectrice, comme le révèle la métaphore de la « citadelle », du « refuge inexpugnable ». Cette fonction est également décelable dans le personnage de Colette, dont les sens, et particulièrement la vue, sont toujours en alerte, car elle se montre « inquiète de tout ce qui, privé d’elle, perdait la chaleur et le goût de vivre ». Chez Giono, cependant, Mme Tim est libérée de tout souci de protection en raison de son statut moins contraignant de grand-mère. Elle peut donc laisser libre cours à sa nature aimante.

Quatrièmement, chacune de ces femmes est surhumaine à sa façon. Quand Steinbeck évoque « une déesse » à la fois « guérisseuse » et « arbitre », Colette parle pour sa part de « magie » avec peut-être une référence implicite au rameau d’or [1] de Virgile, tandis que Giono vante chez Mme Tim « son corps de statue ».

On voit que si les trois textes s’accordent globalement sur les qualités de la mère – ou de la grand-mère chez Giono, ils ne mettent pas forcément en valeur les mêmes traits et n’ont pas la même portée. On pourrait ainsi déceler, chez Colette, un certain agacement de la fille devant tant d’écrasante perfection...

Notes

[1Dans l’Enéide, Virgile raconte au Livre VI la descente d’Enée aux Enfers. Avant d’entamer son périple souterrain, le héros doit aller chercher un rameau d’or, qui le protégera et lui permettra de sortir vivant du royaume d’Hadès.