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Publié : 16 janvier 2017
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Le destin de l’âme après la mort

Fidèle à l’enseignement des stoïciens, et en particulier de son maître Epictète, l’empereur-philosophe Marc Aurèle imagine pour l’âme un destin qui n’est pas bien différent de celui du corps.

Commentaire

Εἰ διαμένουσιν αἱ ψυχαί, πῶς αὐτὰς ἐξ ἀιδίου χωρεῖ ὁ ἀήρ ; Πῶς δὲ ἡ γῆ χωρεῖ τὰ τῶν ἐκ τοσούτου αἰῶνος θαπτομένων σώματα; Ὥσπερ γὰρ ἐνθάδε ἡ τούτων ‹μετὰ› ποσήν τινα ἐπιδιαμονὴν μεταβολὴ καὶ διάλυσις χώραν ἄλλοις νεκροῖς ποιεῖ, οὕτως αἱ εἰς τὸν ἀέρα μεθιστάμεναι ψυχαί, ἐπὶ ποσὸν συμμείνασαι, μεταβάλλουσι καὶ χέονται καὶ ἐξάπτονται εἰς τὸν τῶν ὅλων σπερματικὸν λόγον ἀναλαμβανόμεναι καὶ τοῦτον τὸν τρόπον χώραν ταῖς προσσυνοικιζομέναις παρέχουσι. Τοῦτο δ ἄν τις ἀποκρίναιτο ἐφ ὑποθέσει τοῦ τὰς ψυχὰς διαμένειν. Χρὴ δὲ μὴ μόνον ἐνθυμεῖσθαι τὸ πλῆθος τῶν θαπτομένων οὑτωσὶ σωμάτων, ἀλλὰ καὶ τὸ τῶν ἑκάστης ἡμέρας ἐσθιομένων ζῴων ὑφ ἡμῶν τε καὶ τῶν ἄλλων ζῴων. Ὅσος γὰρ ἀριθμὸς καταναλίσκεται καὶ οὑτωσί πως θάπτεται ἐν τοῖς τῶν τρεφομένων σώμασι, καὶ ὅμως δέχεται ἡ χώρα αὐτὰ διὰ τὰς ἐξαιματώσεις, διὰ τὰς εἰς τὸ ἀερῶδες ἢ πυρῶδες ἀλλοιώσεις. Τίς ἐπὶ τούτου ἡ ἱστορία τῆς ἀληθείας; Διαίρεσις εἰς τὸ ὑλικὸν καὶ εἰς τὸ αἰτιῶδες. (…)
Πάντα ὅσα ὁρᾷς ὅσον οὔπω μεταβαλεῖ ἡ τὰ ὅλα διοικοῦσα φύσις καὶ ἄλλα ἐκ τῆς οὐσίας αὐτῶν ποιήσει καὶ πάλιν ἄλλα ἐκ τῆς ἐκείνων οὐσίας, ἵνα ἀεὶ νεαρὸς ᾖ ὁ κόσμος. [7,25] (…)
Καὶ τὰ μὲν ἐκ γαίας φύντ εἰς γαῖαν, τὰ δ ἀπ αἰθερίου βλαστόντα γονῆς εἰς αἰθέριον πάλιν ἦλθε πόλον. [7,50]
Ἢ τοῦτο διάλυσις τῶν ἐν ταῖς ἀτόμοις ἀντεμπλοκῶν καὶ τοιοῦτός τις σκορπισμὸς τῶν ἀπαθῶν στοιχείων. [7,51]

Marc Aurèle, Pensées pour moi-même

Si les âmes survivent, comment, depuis l’éternité, l’air suffit-il à les contenir ? Et comment la terre suffit-elle à contenir les corps de ceux qui sont morts depuis la même éternité ? De même qu’ici-bas, en effet, les corps, après avoir séjourné quelque temps dans la terre, se transforment, se dissolvent et font place à d’autres cadavres : de même, les âmes, transportées dans les airs, après s’y être maintenues quelque temps, se transforment, se dispersent et s’enflamment, reprises dans la raison génératrice du Tout, et, de cette façon, font place aux âmes qui viennent y chercher une autre résidence. Voilà ce qu’on pourrait répondre dans l’hypothèse de la survivance des âmes. Et il ne faut pas considérer seulement la foule des corps ensevelis de cette sorte, mais encore celle des animaux que nous mangeons chaque jour et que dévorent aussi les autres animaux. Car quel nombre en est ainsi consommé et enseveli, pour ainsi dire, dans les corps de ceux qui s’en nourrissent ? Et cependant il y a place pour eux, parce qu’ils se convertissent en sang, parce qu’ils se transforment en air ou en feu. Quel est sur ce point le moyen de découvrir la vérité ? La distinction entre la matière et la cause formelle. (…)
La nature qui ordonne et régit l’univers va dans un instant changer tout ce que tu vois ; de la substance de ces êtres, elle en formera d’autres, comme avec la substance de ceux-ci elle en formera d’autres encore, afin que l’univers soit éternellement jeune et nouveau. (…)

« Ce que la terre enfante en son sein rentrera ;
Ce que l’air a produit dans l’air retournera,
Absorbé par le ciel, et par sa sphère immense. »

Ou bien, c’est une dissolution d’organisations antérieures en atomes, et cette dispersion, quelle qu’elle soit, est celle d’éléments qui ne sentent rien.

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